Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

!!!!!!    Pour ceux qui prennent en route, le début, c'est par ...   !!!!!!!

 

 

Mardi matin.

Premier réveil dans la nature, tirées du sommeil par le chant des petits oiseaux et par ceux un peu moins mélodieux des petits hollandais qui construisent un barrage dans la rivière juste au niveau de notre tente.

  (A savoir quand même que la construction de barrages dans la rivière est la principale occupation du Hollandais en vacances. A ce stade là, ils devraient même penser à négocier quelque chose avec la mairie du coin au niveau de leur gestion spontanée de l’urbanisme aquatique naturel, et je suis sûre que le maire lui-même pourrait en tirer profit en les mettant sur le coup de la construction d’un barrage électrique alimentant le camping ou d’une dérivation en petits canaux qui irrigueraient les vergers avoisinants.

Enfin moi je serais maire du coin, je me pencherais sérieusement sur la question, parce que tant d'énergie gâchée c’est bien dommage.

Enfin bref.)

plan-barrage-copie-1.jpg

Première étape de la journée: nous déclarer à l'accueil du camping. Et attention, s’ensuit un grand moment de solitude à deux.

 

Ce qu’il faut savoir au préalable sur ce camping, c’est que c’est un peu comme une deuxième famille pour nous. Au fil des ans, on s’est habitué les uns aux autres, on s’est mis à blaguer avec le gérant, à discuter de tout et de rien avec sa femme, à tailler une bavette avec le grand-père, on dévergonde le fils, on squatte le frigo du snack avec nos affaires, et dès qu’il y a quelque chose qui cloche dans le voisinage, on se prive pas d’aller le signaler même si c’est nous qui faisons le plus de bruit globalement.

 

Bref, autant dire que, très sûres des émouvantes retrouvailles à suivre, on se pointe à l’accueil en territoire conquis, campeuses VIP que nous sommes devenues au fil du temps.

 

Mais là, BRADABRAM, l’impensable nous tombe dessus sans prévenir: ce ne sont plus les mêmes gérants.

 

Nous choisissons alors très instinctivement d’user de nos plus beaux sourires d’ingénues devant la femme qui nous barre allègrement l’entrée de son bureau d’un air défiant.

la-deconvenue-dialogue-copie-1.jpeg 

Petit moment d’incrédulité presque amusé dans nos yeux : on penche évidemment pour la blague, et puis en fait on comprend que non et du coup c’est moins drôle.

 

On conçoit tout de même que le fait de s'être installées sur un emplacement qui n’en est pas un, de barrer l’accès à un chemin de promenade et d'être en plus situées en zone inondable constitue pas mal de mauvais paramètres à gérer pour l’administration du camping dorénavant réglée comme du papier à musique.


 Jour2-matin-1275copie.jpg

Illustration 1Des emplacements parfaitement bien alignés.

 

C'est donc après une demi-heure de lamentations de notre part et de réflexion plus constructives de l’autre côté que nous nous mettons toutes d’accord pour faire les choses en respectant les codes, et nous réservons un emplacement homologué aux normes CE et tout et tout pour… trois jours plus tard.

 

D’ici là, pfuit, pas de négociations possibles, faut qu’on dégage, et fissa.

 

L’après-midi au programme reposant se change donc en visite à l’office de tourisme en quête d’une solution de repli, et on en profite pour déjeuner là-bas parce qu’il y a des vraies chaises et des vraies tables qui se replient pas quand on s'assoit dessus.

 OT-copie-1.jpeg

On choisit ensuite au hasard un autre camping dans un guide du coin et, bien avisées que nous sommes, nous réservons d’abord par téléphone. 


Camping-1.jpeg

Illustration 2La nostalgie. *

Camping-2.jpeg 

Illustration 3Un choix aléatoire. *

 

* Notez combien le comparatif des photos est parlant en lui-même.

 

Retour au campement, repliage de tables, rangement de caisses, refaisage de sacs, démontage de tente et dégonflage de matelas à contre-cœur pour N.

Nouveau chargement à la pelle de la voiture, et hop, on the road again comme on dit, et avec l’accent de là-bas, s’il vous plait.

 

Nouveau départ. Nouvelles aventures. A suivre!

 

 

 


Mardi - fin de journée.

 

 

En route pour le Grand Sud, à trois quarts d’heure de notre point de départ.

On nous avait prévenues : la route est belle.  Et effectivement. On en arrive mêmepresque à se dire que c’est peut-être une bonne chose d’être forcées de découvrir un nouveau coin.

On nous avait prévenues aussi : c’est une route de montagne. Et effectivement encore : N. vire au verdâtre très rapidement.

 

Jour2 soirée schéma route 1 

* illustration de N. qui, avec sa logique et son sens de l’orientation légendaires, a placé le Sud au Nord et inversement.

 

Finalement, après un trajet sans réel encombre à s’époumoner sur du Balavoine et du Michel Berger (nos vacances étant très traditionnellement sponsorisées par Nostalgie) nous arrivons au lieu-dit.

Un peu angoissant, le lieu-dit. Accessible uniquement par cette unique petite route de montagne, enclavé parmi les sommets, et consistant en un petit village sans grand intérêt traversé de part en part par la route départementale.

On se rassure mutuellement : on est bien là que pour 48 heures.


Arrivée au camping, 2ème acte.

Le gérant nous accueille gentiment, se retient poliment de rire de la mésaventure qui nous a menées jusqu’ici et nous montre fièrement notre emplacement.

 Jour2 soirée accueil

Illustration 1:Un bâtiment d'accueil accueillant

 

Aussi alléchant que dans la brochure, notre emplacement : un petit coin casé dans une des allées parfaitement rectilignes du camping, au rasibus du soleil, coincé entre des caravanes à gauche, à droite, derrière et devant nous de l’autre côté de l’allée, et jouxtant un petit bloc sanitaire ridicule et délabré.


 Jour2 soirée dialogue gérant-copie-1

« Parfait », répondons-nous avec notre sourire décidément crispé.

Il s’en va content de lui, non sans nous avoir conviées au grand barbecue commun du soir.

« C’est ça », répondons-nous poliment.


Avec N., on évite de se regarder, parce qu’on sait trop bien ce que l’autre pense. On monte donc la tente en silence, en jetant quelques coups d’œil angoissés sur ce qui va devoir être notre environnement pendant deux jours.

Et ben, dur dur.


Premier constat : les hollandais bien civilisés de notre camping chéri sont remplacés ici par des français franchouillards au bob Ricard et au rire gras. Ce qui, outre le fait de nous empêcher de critiquer à haute voix nos voisins sans qu’ils comprennent un traitre mot de ce que l’on dit comme nous en avions l’habitude, nous empêche surtout de revendiquer le titre des « campeurs les plus ch***ts du camping question bruit et agitation inutile ».

A croire que tous ici concourent à ce fameux titre.

Ca gueule dans tous les sens, ça va et ça vient de caravanes en caravanes, et chaque rencontre est l’occasion de boire un apéro.

Résultat, à même pas 20h, ils sont tous complètement pétés et ça gueule encore plus fort.

Jour2 soirée dialogue paulette-copie-1

* En français dans le texte et malheureusement authentique.


Nous nous organisons donc en conséquence et nous nous construisons tant bien que mal une « forteresse » pour nous cacher des autres ; on installe les tables tout contre la tente pour être coupées de la vue de ceux de derrière, et on gare la voiture de l’autre côté, pour éviter d’être à la vue de ceux de devant – et accessoirement nous éviter ainsi la vision désagréable des allées et venues incessantes aux toilettes du bloc sanitaire cra-cra.


 Jour 2 soirée schéma global

 

Jour2 soirée schéma détail


Terrées dans ce campement toujours trop exposé à notre goût, nous convenons sans même nous consulter que le barbecue commun ne nous tente pas vraiment, allez comprendre pourquoi.


Et c’est ainsi que, plus pour l’effet « remontant » que pour nous calquer sur l’ambiance du camping, nous ressentons pour la première fois le besoin pressant de boire un verre.

Puis deux.

Puis trois, tiens.

Ah ? Ben, la bouteille est déjà finie.


Et puis ensuite, on va vite vite se coucher avant que le troupeau rassemblé au barbecue ne s’éparpille dans le camping.

Et alors que l’on sombre enfin dans une torpeur désagréable et ponctuée de cauchemars, le brouhaha se déplace, nous encercle puis s’éteint progressivement.


On s’enroule résignées sous nos couettes, quand – le pompon – démarrent les ronflements des voisins de derrière.

On sait plus bien s’il faut rire ou pleurer.


Partager cette page

Repost 0
Published by

Bienvenue!

Attention: toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes serait parfaitement fortuite étant donné que je ne me coiffe jamais comme ça.

Rechercher

Bannière gauche 3

Et puis...

ErnestineChroniqueU2

Et aussi

Bannière camping4     

Jour 1  "L'arrivée au Lieu-Dit"   
Jour 2  "La Peur" & "La Déconvenue"
Jour 3  "Longueurs"   
Jour 4  "Le retour des enfants prodigues" 
Jour 5  "L'acharnement du sort"      
Jour 6  "L'apothéose" Parties 1&2
Jour 7 "La dernière"