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!!!!!!    Pour ceux qui prennent en route, le début, c'est par ...   !!!!!!!

 

 

Samedi matin.

Réveil à trois, plus ou moins simultané.


Comme d’ordinaire, B. nous abandonne fraichement tombé du lit – ce qui en camping ne lui fait pas trop haut -  et part immédiatement boire le café Chez Annie, le cheveux en bataille et la marque du duvet sur la joue.

La grande innovation de cette année, c’est que c’te flemmasse y va en scooter.


N. a du mal à se lever, et je l’observe un moment se parler toute seule dans la tente et regarder ses mains qu’elle fait tourner en l’air pour une raison connue d’elle seule – et des fois, sa santé mentale m’inquiète un peu, et puis après je me reprends.

Je la laisse se jouer ses petites histoires avec ses mimines et je pars pour l’étape de lavage que B. a sauté.

Trois quarts d’heure plus tard, je retrouve N. au même endroit et occupée à la même chose, alors je la bouscule un peu pour qu’elle se lève.


Nous partons au village. C’est jour de marché.

Pendant que B. se pré-caféïnise sans nous, on part en quête de poisson frais (la bonne idée de menu en camping) parce que N. veut faire des brochettes pour le dîner du soir à l’occasion du repas d’anniversaire de B.

texte-jour6.jpeg 

Va ensuite pour le café Chez Annie, le Café de Paris nous pardonnera cette infidélité.

Après 27 cafés à nous trois et les journaux locaux épluchés en ricanant, nous redescendons au camping, en séparant nos chemins entre motorisé et non-motorisées.

B. manque d'ailleurs de peu de nous renverser à une intersection et il ne s'en rend même pas compte.

 

Une fois au camping, nous nous harnachons pour aller jouer dans les vergers du coin (c’est notre activité favorite ; généralement, on s’habille en tenue camouflage, on se met du charbon sur le visage et on fait exprès de se perdre dans la forêt en criant à tue-tête des « Roger- à vous » et des « tango-bravo » mais maintenant on fait plus ça, on est grands).

Petite balade bucolique où on se raconte tous nos malheurs, enfin surtout nous et B. fait semblant de nous écouter.


buccolique

Illustration 1: La bucoliquitude à son summum


On arrive alors au but de notre sortie : un dépôt vente perdu au milieu des champs.
C’est fermé.


Après avoir essayé en vain d’en forcer les portes, nous découvrons une benne à ordures derrière le bâtiment et c’est Noël avant l’heure.

N. et B. se jettent dedans heureux comme des fous et en ressortent une multitude de saloperies qu’ils comptent très sérieusement ramener au camping : un égouttoir biscornu, une chaise en formica, des cintres en fer « pour faire les brochettes de poisson ce soir », des casseroles cabossées pour les bricolage de N., une épuisette cassée et j’en passe.


On repère ensuite un beau cadre en bois doré au fond de la benne et avec N. , nous entreprenons de le dégager pendant que B. s’amuse à photographier des insectes.

Alors que nous touchons au but, N. commence à gesticuler nerveusement en faisant des « ah » et des « mais ? » agacés.

Ça ne m’interpelle pas plus que ça, parce que bon, c’est N.

Et puis finalement, alors qu’elle s’agite de plus en plus, je comprends qu’elle subit une attaque de guêpes visiblement agacées qu’on trifouille si près de leur QG.


Dans un élan étonnamment précis et léger, N. s’extirpe précipitamment de ce guet-apens et B. a la présence d’esprit de prendre la scène en photo, en rigolant de loin de ne rien comprendre à ce qu’on fabrique.


N-E1.jpg

N-E2.jpg

N-E3.jpg

Illustrations 2,3&4: Une scène d'action pure


On s’assoit tous à l’ombre pendant que N. reprend ses esprits - 4 attaques fructueuses au point de se demander si on n’a pas découvert une espèce à dents.

Pendant que N. tremble nerveusement dans son coin, on se repasse la scène au ralenti avec des sueurs dans le dos : combien de chances y avait-il pour que N. – QUEN. !!!!- s’extirpe aussi facilement de la benne, sans se prendre les pieds dans les fils de fer et en évitant de s’étaler de tout son poids sur une des vieilles ferrailles pointues ou dans les divers débris coupants qui jonchent le sol ?

Je me dis qu’on a eu beaucoup de chance, mais que la prochaine fois, on partira en vacances avec un adulte, ce sera plus sûr.


Après avoir joué un moment à qui lancera la pierre le plus près du nid de guêpes, nous capitulons et prenons le chemin du retour.

C’est N. qui porte toutes les trucs qu’ils ont trouvé – il y a visiblement une molécule louche dans le venin de guêpe.


portebarda.jpg

Illustration 5: La nouvelle mode en prêt-à-porter


Retour au camping où tout le bazar de la benne est méthodiquement rangé en tas devant la tente, et nous nous y arrêtons un moment le temps de reprendre des forces pour la suite.

Parce qu’il y a une suite, eh oui, la journée n’est pas finie.

Chouette, et vivement la prochain post. 

 


 

Samedi après-midi. 

Réunion au sommet (enfin, au camping).

Toujours dopée au venin de guêpes, N. propose de partir pour notre randonnée rituelle, celle que généralement nous entreprenons au moins une fois par séjour sans jamais vraiment l’organiser à l’avance -  ce qui nous a d’ailleurs amené une année à lécher la rosée sur les feuilles dans la forêt tellement on mourrait de soif, mais ça, c’est une autre histoire. 


B. fait exprès de traverser la rivière sans quitter ses chaussures pour aller se soulager sur l’autre rive, pour ensuite prétexter qu’il ne peut pas faire une marche en montagne avec des baskets trempées.
Imparable.
Le fourbe.

Nous on est en mode warriors, alors on y va quand même (avec 3 bouteilles d’eau chacune dans le sac).

2H30 de montée en se racontant des téléfilms de série B – un rituel également.

Une fois en haut, on prend une photo pour prouver à B. qu’on l’a fait. 


Chroniques-Camping-1344.jpeg

Illustration 1: La photo rituelle*

* On peut apercevoir le camping au niveau de la piscine (la tache bleue en bas à droite); je pense même que si on zoom beaucoup, on peut voir B. en train de flemmasser devant la tente au bord de la rivière.

 

Chroniques-Camping-1350.jpeg

Illustration 2: La preuve qu'on y était

 

Et alors que nous entamons la descente, coup de téléphone de B. qui nous demande où on est, parce que lui,     soit-disant, il est en haut de la montagne.
Il est monté en scooter par la route, cet âne.

On se moque bien de lui et on se donne RV au camping.


A peine arrivées nous nous attelons aux tâches ménagères, les nôtres plus celles que B. n’a pas faites en notre abscence - il était de corvée d’eau et de dépliage de cintres pour faire les pics à brochettes, mais il a préféré ne rien faire.

N. entreprend alors de découper consciencieusement le poisson resté devant la tente à la fraicheur d’un après-midi caniculaire.


Alors qu’on se demande ou-ce que et comment qu’on va s’installer pour faire un feu, une bande de petits hollandais nous donne la réponse en allumant un bûcher comme ça pour rigoler juste à côté de notre tente.

Après leur avoir hurlé dessus dans un français un poil vulgaire mâtiné d’anglais hésitant et ponctué de quelques insultes en allemand, ils se carapatent en courant, trop heureux qu’on prenne le relais pour ce qui devient franchement un incendie.

Une fois éteints les débuts de flammes dans les herbes et les arbres desséchés qui bordent notre campement, nous nous retrouvons avec un foyer tout à fait correct et presque maîtrisé sur une surface raisonnable.


JOUR-6-incendie.jpg

Illustration 3: Un barbecue au poil.


Opération cuisson de brochettes de poisson sur cintres un poil longuette, mais finalement bien sympathique, même si au final on mange plus de charbon que de chair à poisson (B. les a faites tomber dans le feu à chaque fois qu’il les retournait).

D’ailleurs, on a compris pourquoi on pourrait pas être créateurs de pics à brochettes : piqués sur une tige ronde, les aliments tournent autour du pic quand on essaie de retourner les brochettes. Ce qui fait qu’en gros, c’est bien cuit d’un côté, et pas mal cru de l’autre. D’où l’intelligence du mec qui a breveté les pics à brochettes aux tigescarrées. Fallait le tester pour comprendre.

Nous abandonnons donc à regret notre projet d’usine de recyclage de cintres en pics à brochette, presque sûrs que nous étions d’avoir trouvé le moyen de faire fortune.

JOUR-6-brochette.jpg

Anniversaire de B. dans la joie et la liesse la plus totale : on lui offre une petite encyclopédie des insectes et un recueil de chroniques sur les impostures qui ont marquées l’Histoire. Il est content et essaie de commencer à lire tout ça à la lumière des braises, ce qui n’est pas évident.


Finalement, on commence un peu à s’endormir autour du feu, enfin sauf N. qui décidemment est déchainée et refuse catégoriquement de nous laisser aller nous coucher.

Après d’âpres négociations – et puis aussi parce qu’elle en a marre de parler toute seule – nous avons l’autorisation de remonter à la tente.


J’entreprends alors de regonfler un peu mon matelas, et N. trouve que c’est une super idée et décide de faire de même, sauf qu'elle se trompe de valve et dégonfle le sien en un rien de temps.

 

Désespoir complet (elle les a quand même déjà gonflés 3 fois chacun en 4 jours), d’autant plus que l'embout pour regonfler, lui, est coincé.


La voilà donc qui pleurniche de manière hystérique en maudissant l’acharnement du sort et priant le Bon Dieu d’être un peu sympa avec elle pour une fois et de la laisser au moins regonfler son matelas tranquille.


Et le pacte est lancé:

JOUR-texte-6.jpg

Et là, bradabram, l’embout se dévisse, et N. s’empresse de faire un bras d’honneur en l’air en disant qu’Il est bien naïf parce qu’elle en a déjà donné avec les messes et qu’elle a autre chose à faire les dimanche matins.


Etant donné qu’elle passe les vingt minutes suivantes à regonfler son matelas, ça nous fait un peu de silence, et on peut enfin s’endormir.

N. fera finalement de même devant notre manque de répondant une fois sa tâche achevée.

Sauvés…. !


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Attention: toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes serait parfaitement fortuite étant donné que je ne me coiffe jamais comme ça.

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